Après les agents IA : la prochaine révolution sera celle des interfaces

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L’intelligence artificielle évolue tellement rapidement qu’il devient parfois difficile de prendre suffisamment de recul pour comprendre ce qui est réellement en train de changer.
Un nouveau modèle arrive. Quelques semaines plus tard, un autre est plus rapide. Puis un autre coûte moins cher. Une nouvelle fonctionnalité permet soudainement à l’IA de naviguer sur le Web, de manipuler un ordinateur ou d’effectuer une tâche qui nécessitait encore une intervention humaine quelques mois auparavant.
On pourrait facilement voir tout cela comme une simple course technologique.
Je crois pourtant que quelque chose de beaucoup plus important est en train de se produire.
Nous sommes tranquillement en train de passer d’une intelligence artificielle que nous consultons à une intelligence artificielle à laquelle nous déléguons.
Et pour les entrepreneurs, cette nuance est énorme.
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Des modèles toujours plus puissants… mais surtout plus efficaces
Les derniers modèles d’OpenAI illustrent très bien cette évolution.
GPT-6 Astra représente une nouvelle génération de modèles capables non seulement de raisonner et de générer du contenu, mais également d’utiliser un ordinateur, de naviguer sur le Web, de programmer et d’exécuter des tâches professionnelles comportant plusieurs étapes. OpenAI présente notamment Astra comme un modèle conçu pour effectuer des tâches directement dans différents environnements informatiques.
Puis arrivent déjà les générations suivantes.
GPT-6.1 Sol, par exemple, met beaucoup l’accent sur le rapport entre performance et coût, notamment pour la programmation et l’utilisation d’ordinateurs. OpenAI expérimente également des niveaux de service où la vitesse d’exécution devient elle-même une caractéristique pour laquelle les utilisateurs peuvent payer davantage.
Et je trouve ce changement particulièrement intéressant. Depuis quelques années, une grande partie de l’économie de l’IA tournait autour des tokens : combien de millions de tokens peut-on utiliser et combien coûtent-ils?
Nous voyons maintenant apparaître une autre variable importante : le temps.
Combien êtes-vous prêt à payer pour qu’une tâche soit exécutée deux, quatre ou huit fois plus rapidement?
Pour une entreprise, cette question risque de devenir beaucoup plus importante que le simple coût d’une requête. Parce qu’un agent qui travaille pendant 40 minutes et un agent qui accomplit la même tâche en cinq minutes n’ont pas nécessairement la même valeur commerciale. Nous commençons donc tranquillement à acheter non seulement de l’intelligence artificielle, mais aussi de la capacité de travail numérique.
Et cela change complètement la façon de réfléchir à la technologie.
Avez-vous entendu parler de la « SaaSpocalypse »?
Le terme est volontairement dramatique, évidemment. Mais il décrit une question très réelle qui circule actuellement dans l’industrie technologique : qu’arrivera-t-il aux logiciels SaaS lorsque les agents d’intelligence artificielle seront capables d’effectuer directement une grande partie du travail que nous faisons aujourd’hui dans ces applications?
SaaS signifie Software as a Service. Ce sont essentiellement toutes ces applications auxquelles les entreprises sont maintenant abonnées chaque mois : CRM, gestion de projets, comptabilité, marketing par courriel, ressources humaines, analytique, prise de rendez-vous, service à la clientèle, gestion documentaire, outils de productivité, etc.
Depuis une quinzaine d’années, les entreprises ont accumulé ces logiciels.
- Une application pour gérer les clients.
- Une autre pour les projets.
- Une autre pour les courriels.
- Une autre pour les rapports.
- Une autre pour la comptabilité.
- Une autre pour automatiser les autres applications.
Et chacune possède ses propres menus, tableaux de bord, filtres, paramètres et façons de fonctionner.
L’arrivée des agents IA pourrait progressivement remettre ce modèle en question. Pas nécessairement parce que tous les logiciels vont disparaître. Mais parce que nous pourrions avoir de moins en moins besoin de les utiliser directement.
Votre assistant IA pourrait devenir votre principale interface de travail
Imaginez une entreprise dans quelques années. Au lieu d’ouvrir votre CRM, de rechercher un client, de consulter les dernières interactions et de créer une tâche de suivi, vous pourriez simplement écrire :
« Quels clients devrais-je relancer aujourd’hui? »
Votre assistant analyse le CRM, les courriels, les opportunités ouvertes et les dernières communications.
Il vous répond.
Vous écrivez ensuite :
« Prépare les suivis pour ceux qui n’ont pas répondu depuis plus de sept jours. »
Les courriels sont préparés.
Puis :
« Envoie-les et crée une tâche de rappel pour les personnes qui ne répondent pas d’ici vendredi. »
C’est terminé.
Vous n’avez peut-être jamais ouvert votre CRM.
Le CRM existe toujours.
La base de données existe toujours.
Les règles d’affaires existent toujours.
Mais l’interface entre vous et vos données est maintenant votre assistant IA.
Et c’est exactement là que la transformation devient intéressante.
Nous passons du chatbot à l’agent
Pendant plusieurs années, notre façon d’utiliser l’intelligence artificielle était relativement simple.
- On posait une question.
- L’intelligence artificielle répondait.
- On demandait un texte.
- Elle produisait un texte.
- On lui demandait une idée.
- Elle proposait une idée.
- Cette époque est déjà en train d’évoluer.
Les nouveaux systèmes sont de plus en plus agentiques.
Autrement dit, ils peuvent recevoir un objectif, déterminer différentes étapes nécessaires pour y arriver, utiliser des outils et exécuter certaines actions.
Meta, par exemple, vient d’accélérer considérablement dans cette direction avec ses technologies Muse et sa nouvelle Meta Enterprise Platform destinée aux entreprises. La plateforme regroupe notamment des agents, des outils de programmation et des technologies permettant aux entreprises d’intégrer ces capacités dans leurs opérations.
Meta travaille également sur des agents capables d’accomplir des tâches complexes dans de grandes infrastructures informatiques et même de coordonner plusieurs sous-agents spécialisés.
Ce n’est plus simplement :
« Donne-moi la réponse. »
C’est de plus en plus :
« Occupe-toi de ça. »
Cette différence paraît minime.
Elle pourrait pourtant transformer une grande partie de notre façon de travailler.
Même les interfaces Web pourraient rapidement changer
Cette transformation pourrait également modifier profondément la façon dont nous concevons les sites Web et les applications.
Depuis 30 ans, nous construisons essentiellement des interfaces permettant aux humains de trouver l’information.
- Des menus.
- Des moteurs de recherche.
- Des filtres.
- Des formulaires.
- Des tableaux de bord.
- Des pages.
- Des boutons.
- Nous essayons constamment de rendre ces interfaces plus intuitives afin que l’utilisateur trouve le bon chemin vers l’information ou l’action recherchée.
Mais que se passe-t-il lorsque l’utilisateur peut simplement expliquer ce qu’il veut? Un exemple particulièrement intéressant est le nouveau america.gov. L’expérience est construite autour d’une idée extrêmement simple :
« Posez votre question. »
Le gouvernement américain décrit lui-même cette approche comme une façon d’éviter aux citoyens de naviguer dans un labyrinthe de sites Web, de menus et de formulaires. L’utilisateur formule sa demande en langage naturel et le système cherche l’information gouvernementale pertinente.
C’est fascinant du point de vue de l’expérience utilisateur.
Parce que l’interface devient presque invisible.
- Une fenêtre.
- Un champ.
- Une conversation.
Voilà peut-être un aperçu de l’Internet qui s’en vient.
Est-ce la fin des sites Web?
Non 🙂
Et je ne pense pas non plus que ce soit la fin des logiciels SaaS. Mais leur rôle pourrait changer. Un site Web ne servira peut-être plus uniquement à présenter une succession de pages destinées à être consultées manuellement. Il devra aussi devenir une source d’information structurée pouvant être comprise et interrogée par des agents.
Même chose pour les logiciels. La valeur d’un CRM ne sera peut-être plus seulement dans son tableau de bord. Elle sera dans sa capacité à conserver correctement les données, à appliquer les bonnes règles d’affaires et à permettre à différents agents d’interagir avec son contenu de façon sécuritaire.
Autrement dit : l’interface pourrait perdre de l’importance, tandis que les données, les API, les automatisations et la structure technologique située derrière l’interface pourraient en gagner énormément.
Pour une agence Web comme la nôtre, c’est une évolution particulièrement intéressante.
Parce que cela signifie que le travail numérique de demain sera probablement beaucoup moins centré uniquement sur la création de pages Web et davantage sur la construction de véritables écosystèmes numériques intelligents.
Le prochain site Web d’une entreprise sera peut-être beaucoup plus qu’un site Web
Imaginez le site d’une entreprise capable de répondre directement :
- « Est-ce que ce produit convient à mon entreprise? »
- « Quelle solution recommandez-vous pour mon besoin? »
- « Est-ce que vous avez une disponibilité jeudi? »
- « Pouvez-vous me préparer une estimation? »
- « Quelle est la différence entre vos deux services? »
- « Où en est ma commande? »
- « Je voudrais parler avec la personne qui s’occupe de mon dossier. »
Et derrière cette conversation, différents systèmes travaillent ensemble.
- Le site Web.
- Le CRM.
- Le logiciel comptable.
- L’inventaire.
- Le calendrier.
- Le système de courriel.
- La base de connaissances.
- Le logiciel de soumission.
L’utilisateur n’a pas besoin de savoir où se trouve l’information.
Il demande simplement ce qu’il veut.
C’est probablement l’une des transformations les plus importantes que l’intelligence artificielle apportera au Web.
Pour les entrepreneurs, la question n’est plus seulement « quelle IA utiliser? »
Depuis deux ans, beaucoup d’entreprises se demandent :
« Devrais-je utiliser ChatGPT, Gemini, Claude ou un autre outil? »
Cette question deviendra probablement secondaire.
La question importante sera plutôt :
« Jusqu’où puis-je permettre à l’intelligence artificielle d’interagir avec mon entreprise? »
- Peut-elle consulter votre CRM?
- Peut-elle créer une soumission?
- Peut-elle mettre à jour votre site Web?
- Peut-elle analyser vos campagnes publicitaires?
- Peut-elle préparer un rapport financier?
- Peut-elle communiquer avec vos clients?
- Peut-elle créer une tâche dans votre gestionnaire de projets?
- Peut-elle modifier une base de données?
- Peut-elle déclencher une commande?
Plus les agents auront accès aux systèmes d’une entreprise, plus ils pourront devenir utiles. Mais plus les questions de sécurité, permissions, validation et gouvernance deviendront également importantes. Donner accès à une IA à votre documentation est une chose. Lui permettre d’écrire directement dans votre CRM ou votre système comptable en est une autre. Les entreprises devront donc apprendre à déterminer ce qui peut être automatisé, ce qui doit être vérifié et ce qui doit absolument demeurer sous contrôle humain.
Une entreprise bien structurée aura un avantage énorme
Il y a également une conséquence dont on parle moins. L’intelligence artificielle risque de favoriser énormément les entreprises dont l’information est déjà bien organisée.
- Si vos données clients sont structurées.
- Si votre CRM est à jour.
- Si vos processus sont documentés.
- Si vos systèmes peuvent communiquer entre eux.
- Si vos produits possèdent de bonnes fiches techniques.
- Si votre contenu Web est structuré correctement.
- Si vos différentes plateformes possèdent des API.
Alors il sera beaucoup plus facile de brancher des agents intelligents sur votre organisation.
À l’inverse, une entreprise dont l’information est dispersée dans des courriels, des fichiers Excel, des notes personnelles et différentes applications isolées aura beaucoup plus de travail à faire.
C’est pourquoi je crois que la préparation à l’IA ne consiste pas uniquement à acheter un abonnement à ChatGPT.
Elle consiste aussi à préparer l’infrastructure numérique de l’entreprise pour qu’elle puisse être utilisée par l’intelligence artificielle.
Nous ne sommes probablement qu’au début
Il faut évidemment demeurer prudent avec toutes les prédictions technologiques. Certaines interfaces resteront. Certains logiciels vont continuer d’exister pendant longtemps. Et les humains continueront d’avoir besoin de contrôler plusieurs décisions importantes. Mais la direction générale devient de plus en plus claire.
L’intelligence artificielle passe progressivement d’un outil que nous utilisons à un intermédiaire entre nous et nos outils. Aujourd’hui, nous ouvrons une application pour accomplir une tâche. Demain, nous pourrions simplement expliquer la tâche à notre assistant. Lui déterminera ensuite quelles applications utiliser, quelles données consulter et quelles actions effectuer.
Et lorsque cette façon de travailler deviendra normale, plusieurs habitudes numériques que nous considérons aujourd’hui comme évidentes pourraient soudainement sembler très anciennes.
Peut-être que dans quelques années, nous trouverons étrange d’avoir dû ouvrir cinq logiciels différents simplement pour préparer une soumission et faire un suivi avec un client. De la même façon qu’il nous paraît aujourd’hui étrange de chercher une entreprise dans un annuaire téléphonique.
Le moment est venu de commencer à expérimenter
Pour les entrepreneurs, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de transformer toute son entreprise immédiatement.
Mais je crois qu’il devient important de commencer à observer cette évolution et surtout à expérimenter.
- Quels processus répétitifs pourriez-vous déléguer?
- Quelles informations pourraient être mieux structurées?
- Quelles applications utilisent déjà des API?
- Quels systèmes pourraient communiquer ensemble?
- Quelles tâches nécessitent réellement l’intervention d’un humain?
Et surtout : si votre assistant IA pouvait travailler directement dans votre entreprise demain matin, que lui demanderiez-vous de faire?
La réponse à cette question pourrait être un excellent point de départ. Parce qu’une chose semble de plus en plus certaine : la prochaine grande transformation numérique ne consistera probablement pas simplement à ajouter de l’IA dans nos logiciels. Elle consistera à laisser progressivement l’IA utiliser les logiciels à notre place. Et ça, c’est une transformation beaucoup plus profonde.
Le meilleur moment pour se préparer, c’est maintenant. Contactez Altitude Stratégies.
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